Premiers pourparlers entre les Soudansdepuis les récents combats frontaliers
juin 02, 2012, with Comments: 0
AFP
Le Soudan et le Soudan du Sudontreprismardi à Addis Abeba des pourparlers de paixinterrompus début avril après de violents combats à leurfrontière commune.
Le négociateur en chef du Soudan, Idriss Mohammed Abdel Qadir, et celui du Soudan du Sud, Pagan Amum, se sontrencontrés en fin d’après-midi en présence du médiateur de l’Unionafricaine, l’ancienprésidentsud-africain Thabo Mbeki, et de l’émissaireaméricain pour les deux pays Princeton Lyman.
Dans un communiqué à l’ouverture des pourparlers, Khartoum a souligné “son engagement pour parvenir à une solution négociéesurtous les points” de contentieux, promettant “sacomplèteadhésion en faveur de la paix et de la stabilité entre les deux pays”.
Le Soudan a ajoutéespérerquecespourparlersallaientmarquerl’ouverture “d’un nouveau chapitre”.
Le présidentsud-soudanaisSalvaKiir a déclaréavantl’ouverture de la réunionqu”un “dialogue amical avec Khartoum est la seule option pour la paix”.
Le jour même de la reprise des pourparlers, l’arméesoudanaiseannonçait son retrait de la régiondisputéed’Abyeicomme le luiavaientdemandél’ONU, mettantainsi fin à un an d’occupation, a indiqué un médiaproche du pouvoir.
“Les forces arméessoudanaises (SAF) se sontdéployées hors de la régiond’Abyeicesoir et ellesontremis le complexemilitaire aux forces de paix de l’ONU”, a annoncé le Centre des médiassoudanais, proche des services de renseignements. Une affirmation contestée par Juba: “Le Soudan ne s’est pas retiré, sessoldatssonttoujourslà”, a affirmé Pagan Amum.
Mais plus tard à New York, un porte-parole de l’ONU “a confirméque le retrait des Forces arméessoudanaises (SAF) de la régiond’Abyeis’étaitachevétarddans la soirée” de mardi.
Avant la reprise de cesnégociations, le Soudan du Sud a accusémardi Khartoum d’avoirlancé de nouveaux bombardementssurtroisEtatssud-soudanais — ceux du Bahr el Ghazal occidental, du Bahr el Ghazal Nord et de l’Unité.
“Alorsque nous discutons, ils nous bombardent,” avaitdéclaré Pagan Amum. Mais “nous assisterons (aux pourparlers) quoi qu’il arrive,” avait-ildit.
Après de violentsaffrontements en avrilayant fait craindreune guerre ouverte, le Conseil de sécurité de l’ONUavaitappelé les deuxvoisins à cesser les hostilités et à reprendre les discussions sur les questions non régléesdepuisl’indépendance du Sud en juillet 2011.
Le Conseilavaitaussiexigéque les deuxvoisinsretirentleurs forces d’Abyeid’ici le 16 mai.
Les tensions n’ontcessé de s’intensifierdepuisl’indépendance du Sud, notammentsur la délimitation de la frontière commune, le partage des revenuspétroliers et le statut de zones contestées, commecelled’Abyei.
- Zone démilitarisée à la frontière? -
C’estunebrèveconquêteparl’arméesud-soudanaise du plus important puits de pétrolesoudanais, celui de Heglig, et unesérie de bombardementssoudanais en territoiresud-soudanais qui ontmis le feu au poudrecesdernièressemaines.
Khartoum a claqué la porte des négociations début avril et jamaisdepuisl’accès à l’indépendance du Sud en juillet 2011 les deuxvoisinsn’ontsemblésiproches d’un nouveau conflitouvert.
Avant les accords de paix de 2005, qui ontouvert la voie à la partition du Soudan, Juba et Khartoum se sontlivré des décennies de guerre civile. La dernière vague du conflit, entre 1983 et 2005, a fait quelque 2 millions de morts.
Sous la pressionInternationale — du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Unionafricaine, qui joue les médiateursdans la crisesoudanaise –, les deux parties ontfinalementaccepté la semainedernière de reprendre le dialogue.
Juba et Khartoum revendiquenttoutesdeux le contrôled’Abyei. Maiselless’opposentaussisur le partage des ressourcespétrolières du Soudan d’avant la partition — le Sud a hérité des trois quarts des réserves de brut du pays maisrestetributaire du Nord pour exporter — et s’accusentmutuellement de soutien à des groupesrebellessur le sol de l’autre.
La démarcation de la frontière Nord-Sudn’ajamais, non plus, étéfinalisée.
L’objetimmédiat des négociationsestd’obtenir un engagement clair des deux pays à respecter une zone démilitarisée à la frontière.
En attendant, les agenceshumanitaires ne cessentd’attirerl’attentionsur le sort des civils vivant dans les zones frontalières.
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