Un Soudanais Vedette de la 7e Triennale des arts des textiles

A Tournai et à Ath, l’été joue sa carte 2011 sous l’égide des arts textiles contemporains et des cinq continents

Développée sur sept sites de la ville de Tournai, de la cathédrale à la Halle-aux-Draps et du Musée de la Tapisserie à celui des Beaux-Arts, la Triennale est également à l’affiche du Palace, Grand-Place à Ath, où est inscrite une expo personnelle du Soudanais de France Hassan Musa.

Un thème central rassemble, répartis entre les huit sites, les 40 participants officiels en provenance des cinq continents, tandis qu’à l’étage de la Halle-aux-Draps, on peut découvrir les participations des 29 élus du concours “Continere” proposé aux quatre coins du monde. Ils proviennent de 23 pays. Un tour des divers sites laisse pourtant le visiteur circonspect, comme si cette Triennale était un petit cru et, nonobstant la diversité des travaux, sans véritables temps forts. Les œuvres des uns et des autres se retrouvent, en outre, comme c’est clairement le cas au Musée de la Tapisserie, dans des espaces qui ne leur conviennent pas vraiment, les collections historiques donnant un change inadéquat aux explorations actuelles. C’est ainsi que les grandes et belles bannières blanches de Niki Kokkinos y apparaissent très à l’étroit, et c’est vraiment dommage. Sa participation se serait autrement mieux déployée à la Halle-aux-Draps entièrement réservée à une vaste installation de personnages (sans grand intérêt) du Japonais Takehiko Sanada.

Quelques bonnes prestations sont à relever, signées Elodie Antoine, Musa, Valérie Chuffart, Christian Varèse, celles aussi des Françaises Catherine Chanteloube, Charlotte Crépin et Hélène de Gottal dans la crypte de l’hôtel de ville. Mais l’impression d’ensemble demeure défavorable, et la scénographie, souvent approximative, ne comble pas les lacunes des œuvres. On peut ajouter que les tapisseries de Folon, disposées à hue et à dia à l’étage de la Halle-aux-Draps, n’offrent aucune valeur ajoutée : pour les montrer ainsi, on aurait aussi bien pu s’en passer.

Vedette de cette 7e Triennale, le Soudanais Hassan Musa (1951, réside en France) est présent sur deux fronts, au Musée de la Tapisserie, où l’environnement le met trop peu en valeur, et au Palace, à Ath, où il bénéficie d’une expo personnelle. Son art très singulier, sorte de tapisserie patchwork, qu’il renouvelle totalement, n’est pas un travail anodin, loin de là. Très politisé, empli de sous-entendus sous les couleurs, il fait parler la poudre en y mêlant l’humour corrosif, ce qui lui confère une aura salutaire. L’effigie, et ce n’est pas innocent, de Ben Laden y apparaît provocatrice et libératrice. Leurs titres ne sont pas davantage innocents : “Il n’y aura pas de nouvelles annonciations”, “Self portrait as Bacchus”, “American Martyr” ou “Les impérialistes chinois sont des tigres de papier”. A décrypter et à méditer !

Triennale internationale des Arts textiles contemporains, divers lieux. Jusqu’au 25 septembre, catalogue. Infos : 069.22.20.45 (Office du Tourisme de Tournai) et www.triennaletournai.be

http://www.lalibre.be/culture/arts-visuels/article/669901/l-actualite-metissee.html

Filed Under: got talent du Soudan

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